Projet dans le cadre du concours "dessine-moi un service" par Marjolaine Lecourt.
La main (ou)verte
Quand la fourche rencontre la fourchette
C’est dans l’air…
Actuellement, l’alimentation biologique a le vent en poupe. Des supermarchés 100% bio éclosent, prenant conscience de la pertinence de tels aliments et par conséquent de la nécessité de leur distribution. Cette nouvelle conscience écologique, devenue une véritable tendance, s’enracine toujours plus suite aux fréquentes crises alimentaires de ces dernières années. L’image des produits bio est encore très liée chez les consommateurs aux problématiques de santé et à la préservation de notre environnement. Le besoin d’un retour à une alimentation plus saine et donc à une vie plus saine se fait de plus en plus sentir. Aujourd’hui, il faut cultiver notre planète.
Et si le potager était l’une des réponses possibles ?
Création d’un service vert pour grande métropole
Cette réponse est néanmoins difficile à proposer aux citadins qui voient leur rêve de cultiver leurs propres légumes disparaître faute d’espace disponible à cette activité. Proposons alors la création d’une maison de la « culture » dans la ville, une serre aménagée en espace de rencontre autour du thème du potager. Un contact avec la terre serait désormais offert à la population urbaine et leur permettrait de cultiver toute l’année des légumes de saison. Cette serre se greffe dans les jardins familiaux des villes souvent désertiques l’hiver et favorise ainsi leur dynamisme et stimule les relations sociales en suscitant l’entraide et l’échange des savoirs et des savoir-faire de chacun.
Cultiver / se cultiver
Le site offre un espace d’accueil, un espace de culture de la terre ainsi qu’un espace d’échanges. Il est ouvert à tous les jardiniers en herbe, les curieux et les personnes désireuses de cultiver ses propres légumes. L’insertion de jeux pour enfants permet d’offrir une sortie aux familles durant laquelle chacun vaquerait à ses occupations.
Chaque participant cultivateur, au nombre de quinze, loue des outils ainsi qu’un emplacement dans la serre qui font ainsi partis du capital relationnel du participant. Il peut également acheter des graines sur place où apporter les siennes issues de sa récolte personnelle. Sa location lui donne accès à une parcelle dans chaque type de culture (hors sol, verticale,…)
L’accueil nécessite l’intervention d’une personne qui peut être un jardinier de la ville délégué à la maintenance de la serre. Il aura également le rôle d’informateur, d’initiateur et de conseiller afin de créer un lien avec les différents participants.
L’effet de serre
Le projet réunit également la dimension écologique et économique en réduisant ainsi la distance entre la fourche et la fourchette. Mais ce lieu de rencontre vise, en prime abord, la création d’un « esprit de potager » qui vient favoriser l’esprit de quartier. La solidarité pousse avec les légumes. Outre la dimension ludique ou écologique, c’est la dimension sociale qui est ici recherchée. La récolte obtenue vise à poursuivre l’échange entre les participants au-delà de la serre en proposant aux apprentis jardiniers d’organiser des dîners issus de la cueillette. Les légumes frais seront notamment utilisés lors de séances de cuisine collective qui permettront entre autre de diminuer, dans les repas, la part du « tout prêt » industriel. Ces repas, organisés autour de fêtes, se dérouleront dans l’espace d’échanges de la serre équipé dans plan de travail ainsi que du matériel requis. Des affiches, déposées à différents endroits de la ville, annonceront ces fêtes ouvertes à tous.
Cette serre familiale contribue à ce que les jardins familiaux ne deviennent pas des « non-lieux » et permettent à ces espaces sociaux de faire sens pour ceux qui y habitent en réduisant le caractère impersonnel de l’espace commun.




